Je ne rigole pas cette année quand je vois les chocolats de Noël dans leurs emballages scintillants en tête de gondole des supermarchés.
Je ne rigole pas cette année quand je remarque que les rayons jouets ont été étoffés de poupées et de playmobils et qu’ils s’étalent déjà sur plusieurs travées.
Je ne rigole pas cette année quand je vois les artisans qui apportent les dernières finitions à leur calendrier de l’Avent et ont déjà leurs collections de Noël presque prêtes.
Non, cette année, je ne rigole pas. Je ne râle pas de voir les décorations déjà disponibles alors que nous n’avons pas passé Halloween et la Toussaint.
Je ne me moque pas de ces pubs Facebook et Instagram qui évoquent déjà la magie de Noël.
Je ne lève pas les yeux au ciel quand quelqu’un me dit « Moi, j’ai déjà commencé mes cadeaux de Noël. »
Je ne rigole pas, parce que les temps sont durs.
Parce qu’il n’a jamais été aussi fondamental d’anticiper.
Parce que parfois, 100 euros de plus ou de moins à la fin du mois, ça fait une énorme différence.
Les artisans prennent de l’avance et leurs clients aussi, parce qu’il vaut mieux acheter des cadeaux de Noël à ceux qu’on aime en octobre qu’être à découvert fin décembre.
Je ne rigole pas, mais j’offre un sourire amical à la mère de famille qui inspecte une boîte de Lego.
Je ne rigole pas mais je hoche la tête devant les calendriers de l’Avent qui côtoient les chrysanthèmes et la déco citrouille.
Je ne rigole pas mais je note dans mon agenda les dates des marchés de Noël de la région qui commencent cette année mi-novembre, parce qu’entre artisans, on se soutient, et lorsque je suis moi-même en train de tenir mon stand, je profite toujours d’une pause pour faire quelques emplettes auprès des collègues.
Cette année, on ne rigole pas, mais avec une bonne organisation, rien ne nous empêchera de faire la fête dignement, de gâter ceux qu’on aime, de faire un repas festif, de partager des moments simples, authentiques et joyeux, le cœur sur la main et des étoiles plein les yeux.
